Dolfke,
It's true that the Belgian press has only a limited coverage of aeronautic events that affect little the Belgian population. It covered nevertheless the financial difficulties of Swiss and the (denied) Lufthansa proposal to take over the company. But it is not difficult to find news about Swiss in the Swiss press. I prefer to read it in French rather than in German, therefore I have selected this article in today's Tribune de Genève:
Swiss affirme ne pas manquer d'argent... (15/07/2003)
La compagnie ne se prononce pas sur une étude de Goldman Sachs
L’étude de la banque d’investissement Goldman Sachs sur la stratégie, l’état financier et un éventuel rachat de Swiss ne serait qu’un papier parmi d’autres, selon le porte-parole romand de la compagnie Jean-Claude Donzel: "Cette étude nous a bien été envoyée, nous en avons une copie, mais nous n’en avons jamais tenu compte" a-t-il affirmé lundi. En outre, il conteste que le comité de direction se soit réuni les 20 et 21 juin derniers pour discuter de ce document: "Il n’y a pas eu de réunion et Goldman Sachs n’a reçu aucun mandat de Swiss". Une source tierce, indépendante de la direction de Swiss mais qui en est proche, affirme pour sa part: "Ils ont bel et bien examiné ce document. Mais, savez-vous, ils en examinent beaucoup…". Enfin, s’agissant de l’essentiel, "Swiss n’entend pas se prononcer sur les chiffres que ce document contient, car nous ne savons pas sur quelle base ils ont été calculés" explique le porte-parole Jean-Claude Donzel.
Un peu d’arithmétique
Il convient sans doute d’y revenir. Car cette étude se fonde sur les résultats officiels tels que Swiss les a communiqués au public. Le document fait ainsi état de liquidités d’un montant de 1128 millions de francs à fin 2002, auxquels Goldman Sachs ajoute 128 millions de dépôts à terme fixes, pour un total de 1256 millions. Comparé à des liquidités de 861 millions de francs à la fin du premier trimestre 2003, chiffre que Swiss a officiellement communiqué, cela correspond à une réduction du trésor de la compagnie de 395 millions en 90 jours. Soit 4,38 millions de francs par jour. A ce rythme, les liquidités seront épuisées à la mi-octobre. En comparant les montants sans tenir compte des dépôts à terme, le "cash-burn" reste de 2,96 millions par jour: la caisse serait vide à la mi-janvier.
Jean-Claude Donzel a rappelé dimanche que "les liquidités sont suffisantes pour l’année en cours", mais que "Swiss recherche un crédit de 500 millions de francs pour financer son nouveau business plan, les restructurations et surmonter en 2004 les résultats traditionnellement faibles du premier trimestre". Selon lui, les pertes actuelles ne seraient ni de 4, ni de 3 mais de 2 millions par jour.
Le plus dur reste à venir
Swiss ajoute que le taux de remplissage s’est amélioré en juin. Un argument que l’un des deux derniers analystes suisses qui suivent encore le titre boursier de la compagnie, Patrik Schwendimann de la Banque Cantonale de Zurich, nuance: "Ces taux ne sont qu’en partie significatifs, tant que le prix moyen des billets n’est pas connu".
Non seulement Swiss est engagée dans une féroce guerre des prix avec ses rivaux directs Lufthansa et Air France, mais en outre la suppression fin octobre de 24 destinations, dont plusieurs étaient pourtant rentables, entraîne d’ors et déjà la perte d’importants contingents de réservation. De plus, de nombreux clients n’ont pas réservé pour l’automne, faute de savoir à quoi s’en tenir. Enfin, face à des lendemains incertains, les clients fidèles préfèrent utiliser leurs miles plutôt que de payer comptant. C’est de l’argent frais qui manque, accentuant les pertes jusqu’en octobre, les coupes sur l’horaire d’hiver ne pouvant produire leur effet qu’à partir de novembre. D’ici là, les frais de restructuration, estimés de 120 à 180 millions de francs, grèveront davantage les comptes.
Surtout, il y a des raisons d’être inquiet, quand on apprend, à la lumière d’un graphique de Goldman Sachs, que le différentiel entre les pertes brutes par siège de Swiss et les revenus de huit compagnies européennes que sont Ryanair, Easyjet, Air France, Lufthansa, British Airways, Iberia, SAS et KLM a été de plus de 50 000 francs par siège en 2002. Comment Swiss peut-elle surmonter un pareil handicap quand elle prévoit de réduire en octobre son offre en sièges de 27%, tout en réduisant le personnel de 31,5 pour cent? La productivité n’augmentera que de 4,5%. L’objectif annoncé par André Dosé fin juin était de réduire les capacités en siège de 38% sur le régional et de 31% sur le long-courrier.
Le constat est cruel pour les 11 136 employés que Swiss employait encore en juin, mais la coupe n’est pas assez profonde pour sauver le malade. Seul un crédit complémentaire ou un rachat pourrait l’aider à passer l’hiver. Interrogé, l’analyste Patrik Schwendimann souligne: "L’obtention de 500 millions de francs par Swiss auprès des banques dépend notamment du succès des négociations avec les syndicats". Le délai fixé par André Dosé pour la conclusion de ces pourparlers, tant avec les syndicats qu’avec les fournisseurs de Swiss, tombe ce mardi 15 juillet.